La démission, un ancien tabou qui devient à la mode ?

par le 16 mai 2019
Catégories : Actualités

Visité par un collaborateur sur deux chaque mois en France, le site Cadremploi fait état d’un intérêt croissant des cadres pour la démission, et le met en perspective avec un marché de l’emploi à flux tendus, avec à peine 3% de chômeurs au sein de cette catégorie.

Le site surfe sur cette tendance en allant jusqu’à lancer une campagne de communication aux slogans on ne peut plus limpides : « rendez vos potes jaloux, changez de job, démissionnez », « retrouvez le sens de l’humour, changez de job, démissionnez » ou « passez plus de temps avec vos enfants, changez de job, démissionnez ».

La démission, la clé du bonheur ?

Si plus de la moitié des cadres interrogés se disent en effet ouverts à de nouvelles opportunités et si 88% des moins de 35 ans pensent que démissionner est un signe d’ambition… ils ne sont finalement que 8% à franchir le pas ! Cette frilosité relative tempère un turn-over qui reste très modéré si on le compare aux consultations d’opportunités relevées sur les sites spécialisés, aux nombreuses sollicitations reçues par les cadres et aux dires de Cadremploi qui annonce que « 87% des cadres déclarent que démissionner est jubilatoire ! »

La récente loi «avenir professionnel», ouvrant le droit au chômage pour certains démissionnaires est en outre l’une des mesures du gouvernement Macron les mieux accueillies par les cadres (à 64%, selon Le Figaro Magazine).

Quel qu’en soit le contexte et aussi jubilatoire que ce soit, démissionner n’est toutefois pas anodin et il convient de faire les choses bien pour éviter toute déconvenue au moment de poser sa dem’ sur le bureau du boss !

Nos conseils pour un départ réussi :

  • Soigner son annonce :

Outre l’intérêt de garder de bonnes relations avec ses anciens managers en vue d’une potentielle prise de référence, on gardera à l’esprit que le monde (du travail !) est globalement petit et qu’on n’est jamais à l’abri de recroiser un ancien collègue au cours de  sa carrière ou de devoir recourir à un réseau commun. Alors, sauf à changer de vie, d’identité et de continent (et encore !), on tachera de préserver les égos respectifs et on pensera à informer sa hiérarchie de ses intentions avant de laisser courir la rumeur auprès de ses collègues.

Excepté dans des situations très tendues ou formelles, commencer par communiquer par le biais d’une lettre de démission n’est pas nécessaire et pourrait même offenser votre responsable. Un entretien en tête à tête sera apprécié, d’autant plus si vous avez ménagé un délai confortable à votre hiérarchie pour prendre les mesures qu’impose votre départ.

  • Expliquer son choix :

Ce n’est pas une obligation, mais c’est recommandé. Inutile de se lancer dans d’infinies justifications, clarté, concision et cohérence sont de mise. Une opportunité, un choix personnel, une envie d’autre chose … On évite surtout de régler longuement ses comptes et on dit la vérité. Un départ chez le concurrent finit toujours par se savoir !

  • Respecter la forme :

Les aspects purement administratifs peuvent être abordés ultérieurement, après avoir laissé le temps à tout le monde de digérer la nouvelle et d’envisager la suite. Ne perdez pas de vue pas que vous n’aurez qu’une seule occasion de faire une dernière fois bonne impression sur votre lieu de travail actuel.

Rester ouvert à la négociation, permettre un tuilage si l’employeur le demande et que les délais le permettent, se montrer disponible et joignable pour la reprise de vos dossiers : préserver un climat d’entente jusqu’au bout vous garantit un départ réussi ! Si le contexte et les délais le permettent, prévoir des adieux en bonne et due forme auprès de vos interlocuteurs en interne et en externe est toujours apprécié, au mieux un pot de départ, au pire un mail personnalisé. Les personnes bougent mais le réseau professionnel demeure, il faut le préserver !


Mémo :

  • La démission ne peut être exigée par l’employeur vis-à-vis du salarié et l’acte de démission est dit unilatéral, c’est-à-dire qu’il ne peut pas être rejeté par l’employeur. Seules les conditions d’applications sont susceptibles d’être négociées par les deux parties (notamment la durée du préavis). A noter que l’absence du salarié à son poste de travail ou l’absence de reprise du travail à l’issue des congés payés sont considérées toutes deux comme un abandon de poste.
  • Bien que le code du travail n’impose pas qu’elle soit écrite, afin d’éviter les litiges un salarié démissionnaire a tout intérêt à formaliser par écrit sa volonté, précisant son intention de démissionner et la date de la fin du contrat de travail, éventuellement négociée avec l’employeur en fonction du préavis contractuel. L’envoi du courrier se fera généralement par lettre recommandée avec avis de réception.
  • Le préavis, lorsqu’il est prévu dans le contrat de travail, doit toujours être effectué. Si le salarié ne l’exécute pas, son employeur peut lui en réclamer le paiement devant le conseil de prud’hommes. Toutefois, le salarié peut être dispensé de préavis, à sa demande et après acceptation de l’employeur (un écrit est conseillé).
  • L’employeur devra remettre un certificat de travail, une attestation Pôle emploi et un état récapitulatif de l’ensemble des sommes et valeurs mobilières épargnées en cas de dispositifs de participation, ou d’intéressement. Un solde de tout compte devra par ailleurs être signé afin de formaliser un rapport des sommes dues (payement des congés payés, indemnités, éléments variables, salaire du mois en cours…).

Plus d’informations sur le cadre légal de la démission sur le site du Service public !

Sources : Lefigaro / Cadremploi

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