Le Manager 2.1

par le 30 décembre 2019
Catégories : Actualités
Le manager 2.1

Le Management, c’est quoi ?

Termes anglais adoptés par l’Académie française avec une prononciation francisée, les vocables manager et management dérivent des mots « ménager » et « ménagement », qui veulent dire « régler avec soin » (Le Robert). Il ne s’agit donc, en définitive, de rien de plus que de la « gestion ».

Sachant conduire le ménage en « bon père de famille », le manager (ou gestionnaire) est celui qui sait utiliser les ressources financières, humaines, matérielles ou autres, mises à sa disposition pour diriger au mieux la « maison ». Ainsi, chacun de nous, quel que soit son rôle et son métier, est concerné par le management. De là à renégocier son salaire au retour des vacances… Réfléchissez-y à deux fois !

Le manager est à la croisée des deux horizons de l’organisation : l’horizon stratégique de la Direction qui fixe les grandes orientations, et l’horizon opérationnel qui fait référence à la conduite, au jour le jour, des affaires courantes et à la mise en application de la stratégie dictée par la Direction.

En somme, le management consiste à prévoir (les buts et les moyens), organiser (les ressources et les méthodes), commander, coordonner (les actions et les fonctions) et contrôler (les actions et les résultats selon les objectifs). Et cela s’applique à tout. Ainsi manageons-nous aujourd’hui les entreprises et leurs salariés, certes, mais aussi les écoles, les hôpitaux, les villes, la nature, les enfants, les émotions, les désirs, etc.

Une (petite) histoire du management

Même si chaque génération semble le redécouvrir, manager, au fond, n’est pas un métier moderne. Il y a longtemps que le monde a besoin d’organiser des équipes et de les rendre efficaces et rentables, à commencer par l’Eglise et l’armée !

Quand on considère l’histoire des théories du management sur une longue période, on s’aperçoit qu’elle a toujours été parcourue par deux dimensions contradictoires : une dimension autoritaire, hiérarchique, organisée, froide, contrôlante, et une dimension plus souple, plus humaine, centrée plutôt sur des valeurs d’écoute et de compréhension.

La première a bien sûr donné naissance au management vertical des grandes organisations historiques que sont l’armée et le clergé, mais aussi à toutes les théories de rationalisation de l’organisation du travail, dont le taylorisme, évidemment.

Mais la seconde n’est pas non plus l’apanage des penseurs contemporains ! Quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit en effet que l’idée de « management » est apparue au XVIIIe siècle, en Angleterre, autour de l’idée de « care », de soin. Soin de l’épouse à son foyer bien sûr, mais aussi soin que l’homme doit apporter à sa ferme, à ses terres, à son bétail. Bien « manager » son exploitation, c’est ainsi prendre soin. De tous. De tout.

Et c’est quelque part cette idée qui revient aujourd’hui, avec l’idée d’un manager « bienveillant », attentif à l’autre, doté de compétences en communication et en collaboration… 

Une révolution en marche

La révolution numérique a transformé la place du management et le rôle du manager dans les organisations. La légitimité du manager, historiquement basée sur son statut et la maîtrise de sa spécialité dans une organisation verticale, est impactée par un contexte nouveau. Aujourd’hui, pour être crédible, le manager ne doit plus être celui qui détient l’information, mais il doit au contraire s’ouvrir, partager l’espace de décisions, responsabiliser et être capable de mobiliser l’intelligence collective. Pour cela, il doit acquérir de nouvelles compétences, en tirant des enseignements des expériences passées.

Fini, donc, le temps où, en manager de droit divin, il lui suffisait de taper du poing sur la table pour mettre ses troupes en ordre de bataille. Le manager a pour mission première d’«embarquer» ses équipes, de convaincre ses collaborateurs du bien fondé de ses décisions et de les rallier à son point de vue.

En France, le taux d’engagement actif des salariés mesuré par l’institut Gallup plafonne à 6%. Il est donc urgent de réinventer le management, et «la véritable innovation à mener aujourd’hui est humaine», affirme Nathalie Rodary, auteur de Nouveau monde cherche nouveaux dirigeants (Guy Tredaniel Editeur).

Dans un contexte incertain et ambigu, le manager doit se doter d’une vision claire de ses contributions et de sa création de valeur. Ses enjeux sont triples : manager le but, manager les interactions et manager l’organisation… Etre une boussole plus qu’une horloge, plus inspirant, plus stimulant, plus responsabilisant. Et la façon de se projeter doit évoluer en s’appuyant sur un management par la confiance : en soi, en l’autre et en l’avenir !

«Autrefois, on piochait les managers dans le vivier des entreprises du CAC 40. On s’arrache désormais les profils de type entrepreneurs ou start-uppeurs, qui ont exercé des tâches multiples et dont les échecs sont plus facilement valorisés», observe Géraud de la Pontais, responsable de la plateforme Cadreo au sein du groupe HelloWork. Le manager idéal doit désormais conjuguer expérience, écoute, bienveillance et exigence.

L’agilité, ce mot à la mode…

… Et pourtant pas si moderne non plus ! Quand on regarde dans le rétroviseur, on s’aperçoit que l’idée d’agilité face à l’incertitude était déjà en germe au début des années 70, au moment du second choc pétrolier.

Ce que nous mettons derrière les termes de « capacités d’adaptation », « réactivité », « souplesse », « conduite du changement » n’est finalement pas très éloigné de cette nécessaire agilité dont doivent faire preuve les managers d’aujourd’hui, et qui va de pair avec la capacité d’analyse et de compréhension de l’organisation et des individus qui y gravitent.

L’important n’est ni la mode, ni le vocabulaire, ni le marketing des tendances, mais de réussir à penser les situations de façon juste, pour contribuer à rendre la réalité aussi humaine et positive que possible. Et d’aider chacun à la vivre au mieux. Prendre soin, de soi en tant que manager, et de ses collaborateurs, tel est l’enjeu du XXIème siècle.

Sources : Capital.fr  / Thibault Le Texier / Performanse – le blog / Welcome to the jungle

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