Le télétravail, effet de mode ou dominante incontournable ?

par le 07 décembre 2017
Catégories : Actualités

Bien que cela puisse surprendre, une nouvelle forme d’organisation du travail est arrivée à maturité, oui, déjà ! On parle bien du télétravail. La particularité de ce fonctionnement réside dans l’exécution d’un travail hors des locaux de l’employeur, de façon régulière, alors qu’il aurait pu être réalisé au sein de l’entreprise en question. Les demandes concernant le télétravail à temps partiel ou complet sont devenues plus que fréquentes de la part des salariés. En effet, 16,7% des travailleurs le pratiquent plus d’une journée par semaine, selon une étude du cabinet de conseil RH Kronos de juillet 2016 pour Lefigaro.fr. Alors comment réagir ? Et surtout, comment mettre à profit plutôt que de subir cette tendance, qui sera très probablement amené à se prononcer ?

 

Fondement et encadrements d’une tendance pas si nouvelle, mais de plus en plus plébiscitée

 

Le phénomène télétravail s’installe avec de plus en plus de force pour plusieurs raisons. La première est celle du bien-être : le coté confort. Un gain de temps dans les transports, moins de stress et une dimension pratique : on est quand même plus à l’aise chez soi, faut-il encore s’aménager un espace propice sur son lieu de vie…  Aussi, la dimension productivité (le nerf de la guerre parait-il !) s’en trouverait améliorée. Moins de temps perdu en pause, personne ne vous dérange, beaucoup plus de calme et moins de distractions… Bref’ vous êtes enfin concentré(e). Vient ensuite pour ceux que ça intéresse, l’aspect RSE, pour ne pas dire écolo’ ! En effet, vous dématérialisez tout, vous ne vous déplacez plus autant et en plus vous mangez chez vous ! Par ailleurs, si vous avez conscience que la génération Y, et même que la génération Z, sont les actifs de demain, alors vous aurez compris que tous ces bienfaits les intéressent largement, et encore, nous n’avons pas évoqué la flexibilité des horaires qui va de pair avec le télétravail ! Pour ces quelques raisons non exhaustives le télétravail se développe, et d’ailleurs selon un sondage Vivastreet, le pourcentage de personne déclarant vouloir exercer à distance est passé de 26% à 41% entre 2015 et 2017. Dans le même temps, 31% affirme aujourd’hui qu’une alternance entre les deux serait un compromis intéressant.

Du point de vue du Droit du travail (service-public.fr), plusieurs éléments centraux sont à prendre en considération. Premièrement, l’employeur qui refuse d’accorder le bénéfice du télétravail à un salarié qui occupe un poste éligible au télétravail (dans les conditions prévues par accord collectif ou par charte) doit motiver sa réponse. A l’inverse le refus d’accepter un poste de télétravailleur n’est pas un motif de rupture du contrat de travail. Aussi, le télétravailleur est prioritaire pour occuper ou reprendre un poste sans télétravail qui correspond à ses qualifications et compétences professionnelles (son employeur est tenu de porter à sa connaissance la disponibilité de tout poste de cette nature). Enfin, l’accident survenu sur le lieu d’exercice du télétravail pendant les plages horaires du télétravail est présumé être un accident de travail. Vigilance donc !

Alors fausse bonne idée ou opportunité à saisir pour les entreprises ?

Le télétravail reste majoritairement mal perçu par les managers car cette forme de travail implique en premier lieu un changement en termes de techniques de management. Les réflexes de gestion d’équipe doivent être revus, il faut s’adapter car il s’agit d’avancer dans l’inconnu. Malgré cela, cette tendance a démontré ses atouts : baisse des arrêts maladie et de l’absentéisme, une augmentation du temps de travail et donc de la productivité, mais aussi des économies sur les charges de structure de l’entreprise. Or, comme pour tout nouveau mode de fonctionnement ou nouvelle méthode de travail, des effets pervers sont bien évidement à prévoir… Une étude récemment publiée par Symantec et reprise par le site le144-coworking.fr, montre que le télétravail rendrait plus difficile à gérer l’aspect de sécurité des entreprises. L’utilisation de terminaux mobiles pour accéder aux données de l’entreprise met en exergue de nouveau enjeux de protection des accès et des bases de données, notamment pour ce qui est des espaces de stockage Cloud, utilisant les technologies de réseau. L’étude pointe du doigt le manque de maîtrise des salariés vis à vis du niveau de sécurité de leurs appareils personnels. Un autre point de vigilance est évidement la dématérialisation du lien hiérarchique et du lien social, indispensable. Les notions de communication, de management et de « vivre une aventure collective » perdent considérablement de leurs sens.

En somme rien n’est binaire ! Le télétravail oui, mais pas QUE le télétravail. Tout le monde aurait dans ce cas plus à y perde qu’à y gagner.

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