L’ENJEU DU BONHEUR AU TRAVAIL 3/4

par le 22 octobre 2018
Catégories : Santé au travail

Il est moqué et sous-estimé, le bonheur peine à trouver sa place dans nos entreprises, néanmoins, dans bien des structures, institutions ou pays, il est élevé au rang de norme. En Scandinavie par exemple, les citoyens vivent au rythme du lagom (« l’équilibre ») soit un équilibre qui s’applique à l’ensemble des aspects du quotidien. Ainsi, dans le cadre du travail, l’attention est portée sur l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle du salarié ou encore entre son temps de travail et son temps de pause. Cette conception scandinave du bonheur se rattache très bien à sa définition : « un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité » (dicophilo.fr).

Les initiatives naissantes rendent compte d’un changement, d’une prise de conscience, d’une évolution. De nouveaux métiers apparaissent comme le « happy officer » et un nouveau mode de management moins hiérarchique et bienveillant s’installe. Ni une mode ni une fantaisie, il convient d’apprendre et de maîtriser cette notion afin d’en tirer des enseignements bénéfiques.

Un enjeu philosophique & anthropologique : l’entreprise au service de l’homme

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une obligation stricte au sens normatif, la prise en compte du bien-être des acteurs de l’entreprise est éthiquement nécessaire. Le temps de travail étant un temps de regroupement autour d’un projet, imaginer des modes de travail respectueux des personnes est primordial ; qu’ils soient adaptés à l’individu et ses compétences. Aujourd’hui, seules les conditions de travail sont posées par le législateur.

Egalement, au vu du temps plus ou moins important que nous passons au travail, faire de l’entreprise un lieu de mieux-être est bénéfique à tous. Ce changement pourrait également permettre de donner à l’entreprise une forte attraction auprès des nouveaux candidats.

A noter que la racine latine du mot travail est d’ailleurs « tripalium », soit un outil de torture utilisé à l’Antiquité, notre culture du travail se caractérise ainsi en partie par la souffrance que nous lui accolons. Les jeunes diplômés ne partagent pas cette conception du travail, ils ont plutôt tendance à prendre en compte la place accordée à l’épanouissement au sein de leur futur lieu de travail pour choisir ce dernier.

L’entreprise est un lieu de réalisation de soi au travers d’un métier qui plait ou du moins qui présente un cadre agréable, respectueux et sain. Un lieu de confiance, de simplicité, et de bienveillance.

 

Un enjeu de productivité & de performance 

Au-delà de l’aspect humain de l’entreprise, il y a bien entendu son angle économique et sa question de la rentabilité. En ce sens, il est pertinent de souligner la corrélation du social et de l’économique. En effet, des salariés heureux communiquent leur bonheur : ils sont plus productifs, moins absents,  plus créatifs, ils présentent une meilleure performance et apparaissent comme plus engagés auprès des clients.

Mettre en place un nouveau contrat social et adopter un nouveau management qui va dans le sens du bonheur au travail, c’est aussi s’assurer un modèle innovant qui attire les nouvelles générations et les talents – qui se dirigent vers les cadres favorables à l’épanouissement. Demain, votre entreprise sera performante si elle a su prendre le virage et s’adapter aux nouvelles tendances et aux nouvelles valeurs prônées par les arrivants sur le marché du travail.

Appliquer le bonheur à l’entreprise 

Bien entendu, du fait de la subjectivité de la conception du bonheur, il n’existe pas de process unique à mettre en place pour l’assurer. Néanmoins il existe quelques axes phares à suivre tel que la dynamique de bien-être, une notion qui va de pair avec celle du bonheur. Ceci passe par :

  • Prendre en compte les valeurs des salariés et leurs sources de motivations
  • Axer son action sur 3 facteurs centraux : l’individu, l’organisation et la gouvernance
  • De bonnes conditions de travail, un équilibre entre vie privée et vie professionnelle, un haut degré d’autonomie et un accès facilité au télétravail
  • Revoir le modèle de l’entreprise aujourd’hui dépassé : l’actualité des entreprises libérées et la demande de lâcher prise qui se retrouve dans les termes « happy management », « droit à l’erreur », « confiance », « transparence »
  • Faire intervenir des acteurs extérieurs à l’entreprise afin d’assurer un regard et une évaluation objective de la situation

Le bonheur au travail est un objectif possible et profitable, alors pourquoi ne pas l’adopter ?

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