Pause repas au boulot : quelles tendances ?

par le 25 janvier 2019
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Véritable révélateur de l’esprit d’équipe et de l’ambiance générale du bureau, les lunchs entre collègues semblent être un peu passés de mode et la pause déjeuner finit souvent par devenir un moment solitaire. 75% des salariés s’accordent une « vraie » pause pour déjeuner, selon le baromètre 2018 d’Edenred, et, si le temps de pause varie d’un pays à l’autre, la plupart y consacre au moins 30min, voire jusqu’à 45 min en France.

Alors que le télétravail se développe chez les salariés en recherche d’une meilleure qualité de vie, la pause-déjeuner passée à refaire longuement le monde entre collègues fait figure de perte de temps, d’énergie… et d’efficacité ! Beaucoup préfèrent y voir une occasion de prendre du temps pour soi, de casser le rythme intense de la journée et de faire un retour au travail reposé… et remotivé.

Le cadre légal du « lunch break »

La pause méridienne s’interprète comme un véritable temps de pause au sens du droit du travail, une période pendant laquelle un salarié peut librement vaquer à ses occupations personnelles sans avoir à respecter les directives de son employeur. La jurisprudence l’analyse comme « un arrêt de travail de courte durée, sur le lieu de travail ou à proximité ». Bien souvent, ne s’agissant pas de temps de travail effectif, cette pause n’est pas rémunérée. L’employeur qui accorde 20 minutes de pause non rémunérée le midi remplit donc ses obligations légales.

Cependant, les règles applicables aux pauses repas sont souvent encadrées par une convention collective ou un accord collectif. Ainsi, l’article L3121-6 du Code du Travail précise qu’un accord d’entreprise ou d’établissement peut prévoir une rémunération des temps de restauration, y compris lorsque ceux-ci ne sont pas reconnus comme du temps de travail effectif et quelle qu’en soit la durée (entre 30 minutes et 2 heures). 

Par ailleurs, dans le cas des entreprises de moins de 25 salariés, dès lors qu’un employé émet le désir de déjeuner sur son lieu de travail, l’employeur se doit d’aménager un emplacement permettant de se restaurer dans de bonnes conditions de santé et de sécurité. On sait que déjeuner rapidement sur le pouce à son bureau, dans l’atelier ou l’entrepôt, fait partie du quotidien de nombreux salariés, alors que, pour des questions d’hygiène évidentes, il est interdit aux employés de prendre leur repas dans les locaux affectés au travail… Une obligation souvent négligée, alors même qu’une étude démontrait il y a quelques années que le bureau regorgeait de cinq fois plus de bactéries que la cuvette des WC…

Une typologie des pauses dej’…

Alors que les Français déclarant ne pas prendre de pause-déjeuner étaient seulement 4 % en 2007, ils sont aujourd’hui 6%, dont 12% précisent qu’ils «déjeunent à leur bureau, devant l’écran, pour avancer sur leurs dossiers» (menway.com).

Petit tour d’horizon des pratiques de la pause-déjeuner :

  • La « lunch-box » : 33% des salariés français préfèrent apporter leur déjeuner au travail. Plusieurs raisons à cela : préparer son propre repas et l’apporter sur son lieu de travail est idéal pour maitriser son budget et c’est par ailleurs l’occasion pour le salarié de cuisiner selon ses propres goûts.
  • A la maison : les salariés vivant à proximité de leur lieu de travail sont nombreux à rentrer chez eux pour se restaurer durant la pause méridienne (33% également). C’est aussi l’option préférée des cadres dirigeants : ils sont 56% à rentrer chez eux !
  • La cantine d’entreprise : si les « lunch-box » se sont récemment imposées dans les habitudes des salariés, la cantine ou le restaurant d’entreprise reste pour eux une valeur sûre. Ils sont 20% à s’y rendre quotidiennement. Si beaucoup d’entreprises n’ont pas de cantine et n’offrent donc pas ce choix à leurs salariés, la tendance est au regroupement d’entreprises et aux espaces de restauration partagés.
  • Restaurant ou snacking : les salariés qui profitent de la pause déjeuner pour se restaurer à l’extérieur sont les moins nombreux. Seuls 18% des salariés choisissent un repas au restaurant ou l’achat d’un sandwich.
  • Le plateau repas : La réduction du temps de pause incite  les professionnels à voir plus loin que le simple déjeuner de travail. Alternative alléchante, le plateau repas fait un carton, répondant à la fois aux exigences de flexibilité, de variété et de qualité. Une étude, réalisée par la société Xerfi estime à 6 % par an, en moyenne, la progression du CA des entreprises du secteur, « et le marché est encore loin d’avoir atteint ses limites, notamment dans le haut-de-gamme, qui reste tout de même bon marché par rapport au repas d’affaires », précise Damien Festor, chez Xerfi France.

On gardera finalement en tête que « les différentes pratiques en la matière sont généralement révélatrices de l’ambiance et de la nature des relations au sein d’une entreprise », comme le souligne Frédéric Adida sur le site leparisien.fr. Se retrouver entre collaborateurs à l’occasion d’un déjeuner permet de sortir du cadre formel de l’entreprise et de développer un autre type de relation. Son rythme régulier en fait en effet un levier idéal pour renforcer la cohésion d’une équipe… à condition de jouer le jeu !

Alors… qui apporte l’entrée demain ?!

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