Les enjeux de la mobilité des travailleurs

par le 11 juillet 2019
Catégories : Actualités Entreprises
La mobilité des travailleurs, un enjeu pour l'entreprise

Il y a ceux qui passent 1h30 coincés sur le périphérique matin et soir, ceux qui ont fait du vélo électrique un nouvel art de vivre et ceux qui veulent sauver la planète… Dans tous les cas, la mobilité des travailleurs devient un véritable enjeu de société.

Une partie du chemin a été faite dans la nuit du 11 au 12 juin dernier par nos députés, puisque l’Assemblée nationale a voté l’instauration d’un « forfait mobilités durables » pour encourager les salariés à se rendre au travail à vélo ou par covoiturage.

Les députés ont ainsi donné leur aval en première lecture et à la quasi-unanimité à l’article du Projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), qui prévoit que les employeurs pourront rembourser à leurs salariés un montant maximal de 400 euros par an, exonéré de charges sociales et fiscales, pour encourager les déplacements domicile-travail à vélo ou par covoiturage. « Les autres modes de mobilité partagée (véhicules ou scooters en partage) pourront être inclus dans le forfait mobilité durable. Un décret sera pris par le gouvernement en ce sens », indique Elisabeth Borne, ministre des Transports, dans un communiqué. Il est en outre prévu dans ce prochain décret que le forfait puisse être versé par le biais d’« un titre mobilité », à l’image des titres-restaurant.

Une négociation obligatoire sur la mobilité

Cette nouvelle prime, qui remplacera l’indemnisation kilométrique vélo, très peu utilisée, sera facultative. Mais la loi oblige les entreprises de plus de 50 salariés à faire de la mobilité un thème de négociation avec leurs partenaires sociaux, et ce en balayant large : prime, mais aussi télétravail, aménagement des horaires de travail, garages à vélo, places de parking réservées au co-voiturage, bornes de recharge pour véhicules électriques… Faute d’accord, les employeurs devront proposer un « plan de mobilité ».

Pour mémoire, depuis le 1er janvier 2018, toutes les entreprises de plus de 100 salariés installées dans une agglomération sont déjà tenues de se doter d’un « plan de mobilité ». Selon un bilan de l’Ademe, seules 8% des 17 000 entreprises concernées par cette obligation l’ont fait, ce qui explique peut-être le coup de pression du gouvernement – poussé en ce sens par les réclamations des Gilets jaunes. Le dispositif du forfait mobilité sera « bien plus simple que l’indemnité kilométrique vélo, et ne nécessitera pas de justificatifs de distance pour verser l’aide », assure le gouvernement.

La ministre des Transports promet une évaluation dans 18 mois. « Si le bilan n’est pas satisfaisant, le gouvernement se réserve la possibilité de prendre de nouvelles dispositions sur la prise en charge des frais de transport », indique le ministère. Autrement dit, si les négociations ne débouchent pas sur des solutions concrètes pour les salariés, le forfait mobilité durable pourrait devenir obligatoire.

Lyon engagée pour la mobilité !

Une étude a été menée fin 2018 par le laboratoire d’idées Les Clés de la Mobilité, portant sur les 75 villes françaises les plus peuplées (+ 65000 habitants). Les experts de ce groupe de réflexion ont défini l’attractivité des villes sur le plan de la mobilité, en prenant en compte la diversité des transports proposés, la créativité pour faciliter la mobilité au sein de l’agglomération et de ses alentours, l’attractivité de l’offre tarifaire et les objectifs de réduction des rejets dans l’atmosphère.

Lyon s’y impose devant Paris, Rouen, Bordeaux et Bourges, en ayant accompli le plus d’efforts pour mettre à disposition de ses habitants une offre multiple, diversifiée et accessible de transports (bus, métro, tramway), de solutions de mobilité (vélos en libre-service et free-floating, trottinettes, autopartage, etc.), avec des objectifs environnementaux clairement affirmés et une main tendue aux entreprises locales. La ville a notamment mis en place des plans de déplacement inter-entreprise et aide à la mise en place de covoiturage.

L’agglomération travaille par exemple depuis quelques mois à la mise en place d’un système de covoiturage entre Lyon et l’Isère. En test depuis novembre dernier, en collaboration avec la Communauté d’Agglomération Porte de l’Isère, le concept de Lane permet à chacun de commander un covoiturage en temps réel depuis une borne tactile ou depuis un smartphone et de partager facilement trajet et frais de déplacement entre un passager et un conducteur, sans réservation préalable. Les premiers résultats sont probants puisque Lane a déjà permis un millier de covoiturages et une économie de près de 5 tonnes de C02 !

L’objectif pour l’entreprise n’est pas seulement de réduire son empreinte carbone – bien que l’idée soit très louable. Il s’agit avant tout de prendre en compte le confort de ses employés pour en améliorer la productivité. Moins de temps passer dans les bouchons ou les transports en commun bondés, c’est aussi moins de stress, une meilleure hygiène de vie par la pratique d’un sport régulier et un meilleur équilibre vie personnelle / vie professionnelle pour un salarié qui se sent écouté. C’est aussi l’occasion de créer des synergies et des rencontres parmi vos équipes, et donc une émulation favorable à la dynamique de toute l’entreprise !

Source : legifrance.gouv.fr / Lemonde.fr / ADERLY

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